Wilfried Méance réalisateur de L’Arnaqueuse, avec Josiane Balasko

22 avril 2026
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Par la rédaction de La Radio du Cinéma • Publié le 3 mai 2026 • Cinéma français, comédie, viager

À l’occasion de la sortie en salles de L’Arnaqueuse (22 avril 2026), Wilfried Méance a répondu aux questions de Manuel Houssais. Le cinéaste y résume sa boussole : « c’est même essentiel de passer par le court métrage », avant de parler troupe, tempo et d’une vendeuse de viager qui n’a rien d’une victime.

Un viager revisité, avec un renversement de point de vue

Le point de départ de L’Arnaqueuse tient en un concept limpide : le viager, ce mécanisme où l’on verse une rente avant de récupérer un bien au décès du vendeur. Dans le film, la jeune Fanny (Fadily Camara) croit dénicher « une offre en or » à Paris ; la vendeuse, Madame Massena (Josiane Balasko), se révèle tout sauf mourante, et le bras de fer démarre.

« Et si la personne qui vend son viager était une arnaqueuse ? », explique Wilfried Méance au micro de Manuel Houssais.

Dans l’interview, Wilfried Méance précise qu’il arrive sur le projet par la mise en scène, pas par l’écriture : le scénario lui est proposé par des producteurs. Il ajoute que le titre de travail a été modifié, notamment pour des raisons juridiques et marketing, en citant le souvenir du film Le Viager de Pierre Tchernia. L’idée n’est pas de rejouer un classique plan par plan, mais d’en reprendre la mécanique et de la faire basculer du côté de la manipulation.

Clé de lecture : regardez comment le film joue avec l’idée de “bonne affaire”. Le rire naît souvent du décalage entre ce que croit acheter Fanny et ce que prépare Mme Massena.

Une troupe de comédie, du Café de la Gare à la nouvelle scène

L’un des plaisirs racontés par Wilfried Méance, c’est la circulation d’énergie sur le plateau : des comédiens confirmés qui transmettent des astuces de rythme, de relance, de “musique” de scène. Il évoque un casting qui assemble plusieurs générations, avec un attelage de premier plan (Josiane Balasko, Fadily Camara, Jean-Pascal Zadi) et une galerie de seconds rôles.

Citons Tiphaine Daviot, Amaury de Crayencour, Pablo Pauly, Marc Riso ou encore Denis Mpunga au générique, ainsi que Henri Guybet. Dans l’interview, Wilfried Méance raconte l’arrivée d’Henri Guybet sur une scène de notaire, et la joie de le voir retrouver Josiane Balasko, « comme deux gamins », avec, dans le souvenir du cinéaste, l’ombre portée du Café de la Gare et de Coluche.

« On a pu vraiment créer une troupe », raconte Wilfried Méance, en soulignant la bienveillance et les “tips” donnés sur le rythme de la comédie.

Clé de lecture : soyez attentifs aux seconds rôles. En comédie, ce sont souvent eux qui font circuler les informations et relancent le tempo quand l’intrigue change de direction.

Diriger des comédiens, c’est d’abord écouter leur tempo

Wilfried Méance décrit une méthode très concrète : organiser des lectures en amont pour repérer la manière de travailler de chacun. Certains arrivent “texte su”, d’autres préfèrent une approche plus instinctive, et le travail du réalisateur consiste à éviter qu’un partenaire s’épuise pendant que l’autre prend sa vitesse de croisière.

« J’aime beaucoup faire des lectures en amont », dit-il, avant de parler du “bio rythme” qui se découvre au fil des jours de tournage.

L’autre pilier, c’est la mise en scène du personnage de Mme Massena : Wilfried Méance insiste sur son côté transformiste, construit avec la costumière et l’équipe habillage-maquillage-coiffure. D’après lui, la comédienne y trouve un terrain de jeu à changements rapides : une silhouette, une perruque, un masque social différent.

Des références annoncées : comédie anglaise, burlesque, musique 

Sur le plan du ton, Wilfried Méance cite des comédies britanniques et revient sur une référence répétée pendant la préparation : Un poisson nommé Wanda. Il assume l’idée d’une réalité légèrement “poussée”, parfois proche du cartoon, avec une mécanique qui ne perd pas de temps.

« On pousse un peu les potards », dit-il, jusqu’à frôler « un petit peu plus cartoon, limite burlesque ».

Côté bande-son, il évoque l’énergie de certaines partitions de Daniel Pemberton, ainsi que l’esprit “film de braquage” popularisé par la série des Ocean’s, avec une musique, de Sylvain Golderg qui porte le montage et accompagne les retournements.

Du court métrage au long métrage, une école de plateau

Dans l’interview, Wilfried Méance revient sur une vocation précoce : il raconte vouloir réaliser depuis l’enfance, et filmer très tôt, d’abord dans un cadre familial. Il insiste sur la fonction “école” du court métrage : apprendre à diriger, à parler avec une équipe technique, à défendre une vision face à des producteurs.

On recense, par exemple, Le Grand Moment de solitude (court métrage), puis Deal et Après toi, avant des longs métrages comme Jumeaux mais pas trop (co-réalisé avec Olivier Ducray) et Et plus si affinités.

Clé de lecture : repérez la précision du rythme. Wilfried Méance parle montage, tempo, lectures : autant d’indices sur une comédie pensée comme une partition.

Infos pratiques : dates, durée, où trouver des références fiables

L’Arnaqueuse est une comédie réalisée par Wilfried Méance, sortie en salles en France le 22 avril 2026. Durée : 1h22

  • Réalisation : Wilfried Méance
  • Distribution mise en avant : Fadily Camara (Fanny), Josiane Balasko (Mme Massena), Jean-Pascal Zadi (Virgil)
  • Production : Douze Doigts Productions, FullDawa Films
  • Scénario : Jean-Pascal Zadi, Michaël Souhaité, Stéphane Landowski 

Sources et liens de référence

L’Arnaqueuse, Wilfried Méance, interview Manuel Houssais, viager, Josiane Balasko, Fadily Camara, Jean-Pascal Zadi, comédie française, mise en scène, casting.