Deauville a le chic pour faire dialoguer les images. Début juin, la station accueille le Porsche Casting et, dans ce décor face à l’Hôtel Royal Barrière, l’artiste normand Vincent Gantois (Bixhope Art) présente un travail revendiqué, intégralement manuel. Sa boussole, il la formule avec une simplicité désarmante : « Quand je peins, j’écoute des films ».
Le rendez-vous est calé du cinq au sept juin 2026. Sur la promenade de Deauville, le Porsche Casting affiche sa 10e édition et met cette année un coup de projecteur sur les 30 ans de la Porsche Boxster. C’est dans ce cadre que Bixhope Art annonce sa présence, avec des œuvres où la carrosserie se lit comme un plan de cinéma et où le souvenir collectif devient matière.
Un autodidacte qui mise sur le geste, sans écran comme filet de sécurité
Vincent Gantois est un autodidacte, passé par une reconversion tardive : il commence à peindre en 2019. Dans son atelier, pas de tablette graphique : son langage passe par des marqueurs Posca, des Pro Marker et un aérographe. L’idée n’est pas de dresser un procès du numérique, mais de rappeler, dit-il, qu’une œuvre se fabrique aussi avec « humilité » et « passion », à partir d’une idée, puis d’un temps long.
Automobile et cinéma : la voiture comme personnage
Dans l’entretien, Vincent Gantois déroule un générique personnel où la voiture n’est jamais un simple accessoire. Il cite la Ford Mustang d’« Un homme et une femme », l’imaginaire de « Bad Boys : Ride or Die » (avec un clin d’œil assumé à Porsche), l’ADN de James Bond, ou encore la mythologie pop de la DeLorean de « Retour vers le futur ». Même « Christine », la voiture possédée filmée par John Carpenter, surgit dans la conversation comme un rappel : au cinéma, la tôle peut avoir du caractère.
« J’écoute des films » : une madeleine sonore signée Steven Spielberg et John Williams
La phrase qui donne son titre à l’article vient d’une anecdote très concrète. Enfant, Vincent Gantois raconte qu’il se cachait pour écouter les débuts de films sans les voir, laissant le son fabriquer les images dans sa tête. Il évoque un choc différé : « Les Dents de la mer », réalisé par Steven Spielberg, qu’il découvre adulte, après avoir usé un 33 tours de la musique de John Williams.
Aujourd’hui, cette habitude s’est muée en méthode : il travaille avec des bandes-son, des dialogues, des rythmes de scènes. Il cite aussi une création récente consacrée aux « 40 ans » de Retour vers le futur : il dit connaître le film par cœur, au point de pouvoir le faire vivre sans image, uniquement à l’oreille. Une manière de rappeler qu’un plan, avant d’être une image, reste une durée, un tempo, une respiration.
Claude Lelouch, Pierre Gasly : quand les rencontres valident une trajectoire
Le parcours de Bixhope Art s’est aussi construit au contact de passionnés bien identifiés. Des personnalités comme Pierre Gasly et Claude Lelouch possèdent quelques unes de ses œuvres.
Une signature récurrente : « Bull The Dog » comme figure de récit
Dans l’univers Bixhope Art, un personnage revient comme un cameo de film culte : « Bull The Dog », un bulldog anglais multicolore, annoncé comme signature visuelle. Il sert de repère, de clin d’œil, parfois de contrepoint, dans des compositions qui jouent sur la mémoire populaire et la passion mécanique.
Deauville en juin, puis Deauville en septembre : un même décor, deux manières de rêver
Le calendrier est parlant : début juin, l’automobile prend la scène avec le Porsche Casting. Début septembre, la ville se met à l’heure du Festival du cinéma américain de Deauville, du 4 au 13 septembre 2026. Deux atmosphères, un même décor, et une passerelle naturelle pour un artiste dont les tableaux revendiquent le cinéma comme carburant.