Vol de nuit pour Los Angeles, de John Travolta - Cannes Première

La chronique de Laura - Vol de nuit pour Los Angeles, de John Travolta - Cannes Première

Des films, des stars, des émotions... c'est la recette de Cannes, et cette séance-là en était un cocktail particulièrement savoureux. John Travolta était là, devant nous, d'abord sur l'écran où la rétrospective de sa fabuleuse carrière a défilé au son de Staying Alive, puis en chair, en os, et en humilité.

L'homme, l'acteur, la légende... et pourtant le visage qu'il nous a montré est celui de l'enfant, aussi ému par sa Palme d'or d'honneur que par un beau camion rouge au pied du sapin de Noël. La candeur de sa voix et la sincérité de son émotion étaient l'introduction logique à son premier long métrage en tant que réalisateur, adapté de la "fable pour tous les âges" qu'il a lui-même écrite en 1997.

Ce film de tout juste une heure nous emmène de New York à Los Angeles en 1962, alors que le petit Jeff, 8 ans, déménage avec sa mère, actrice répondant à l'appel d'Hollywood. Passionné par les avions, Jeff regarde son environnement d'un oeil émerveillé, et je dois bien avouer que moi aussi. Les avions à réacteur, leur intérieur cuir, les couleurs et les motifs de l'époque, les costumes, les coiffures des hôtesses... tout parait légèrement surréaliste, onirique. Et lumineux, comme son réalisateur qui n'en finissait plus d'exprimer sa gratitude pour ce Prix, sa carrière, pour la vie même. Entouré par ses proches, donc sa fille Ella Bleu qu'il met en scène avec tant d'amour, il a vécu un moment unique, partagé avec le public.

Impossible de ne pas être happé, béat, par ce récit rythmé par la narration quasiment continue de Travolta, et par le jeu de l'adorable Clark Shotwell, dont la bouille vous rappellera peut-être celle de Jonathan Lipnicki (pour ceux qui se souviennent des aventures de Stuart Little), ou de Haley Joel Osment. Parions en tout cas qu'une jolie carrière peut l'attendre. La bande son du film vient compléter l'immersion dans cette époque dorée, reprenant notamment les thèmes d'Un homme et une femme, Dernier tango à Paris, et Breakfast at Tiffany's.

Plus qu'un film feel-good, John Travolta nous offre une véritable piqure de bonheur et d'innocence, teintée d'une douce nostalgie.

Le 29 mai sur Apple TV

Article de Laura Vandenhede pour LA RADIO DU CINEMA - CANNES 2026

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