Cannes 2026 : Damien Jouillerot, entre comédie historique, théâtre et passion de la création

20 mai 2026
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CANNES. Rendez-vous pris avec le comédien Damien Jouillerot qui défend Les Caprices de l'Enfant Roi, la nouvelle comédie historique de Michel Leclerc attendue dans les salles le 24 juin prochain et qui savoure un retour à un registre qu'il affectionne particulièrement : celui de la comédie. Rencontre avec un acteur passionné, touche-à-tout assumé et amoureux des personnages.

Dans Les Caprices de l'Enfant Roi, qui imagine la jeunesse mouvementée du futur Louis XIV au cœur de la Fronde, Damien Jouillerot incarne le personnage du « Gros René », membre de la troupe de Molière. Un rôle qui lui permet d'évoluer dans un univers où se croisent, avec une liberté assumée, Molière, Cyrano de Bergerac et le jeune héritier du trône. « C'est une période que j'aime énormément », confie le comédien. « Et puis la comédie, j'adore ça. On croit souvent que c'est léger, mais c'est extrêmement exigeant. J'aime cette idée que la comédie, ce n'est pas drôle à faire, c'est compliqué à faire. »

Deux films, deux univers

Le Festival de Cannes 2026 offre à Damien Jouillerot une double actualité. À côté de cette fresque historique pleine de fantaisie, il figure également au casting de Sanguine, un film de genre présenté lors des séances de minuit. Deux projets radicalement opposés qui illustrent parfaitement son éclectisme.

« J'aime tous les styles de cinéma », affirme-t-il sans hésiter. Amateur de films fantastiques et d'horreur depuis toujours, il découvre avec enthousiasme un univers qu'il n'avait encore jamais exploré comme acteur. Une passion qu'il partage déjà avec sa fille de neuf ans, même s'il reconnaît devoir parfois tempérer son enthousiasme cinéphile.

Les leçons des grands

Révélé très jeune au cinéma, Damien Jouillerot a eu l'occasion de côtoyer plusieurs monuments du septième art français. De Jacques Villeret à André Dussollier, en passant par Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant ou Isabelle Huppert, les rencontres ont forgé sa conception du métier.

Parmi les souvenirs qui l'ont marqué, il évoque volontiers Jacques Villeret. « Son texte était su à la virgule près », raconte-t-il. Une rigueur qui reste pour lui une référence. Mais au-delà de l'exigence artistique, il retient surtout l'importance du respect de tous les métiers qui participent à la fabrication d'un film. « Sans les gens dans l'ombre, il n'y a pas de cinéma. »

Dessin, écriture, musique : une même passion

Acteur, illustrateur, auteur jeunesse, réalisateur... Damien Jouillerot multiplie les formes d'expression. Un foisonnement créatif qui trouve pourtant une même origine : le goût des personnages.

« Quand je dessine, je crée des personnages et je leur invente une vie. Quand je joue, c'est exactement la même chose », explique-t-il. Une démarche qu'il prolonge également à travers l'écriture et la mise en scène.

La musique occupe également une place importante dans son quotidien. Amateur de chanson française, il cite spontanément Renaud, Jacques Brel, Georges Brassens ou encore Charles Aznavour parmi ses artistes de référence. « Je suis très attaché aux paroles », souligne-t-il.

Le théâtre, l'adrénaline incomparable

S'il refuse de choisir entre cinéma et théâtre, Damien Jouillerot reconnaît volontiers que la scène lui procure des sensations uniques. « Le théâtre, c'est le saut en parachute », résume-t-il. L'entrée en scène, l'absence de filet, le contact direct avec le public : autant d'éléments qui nourrissent son plaisir de jouer.

Habitué des planches, il rappelle avoir porté pendant sept ans le succès Les Crapauds fous et annonce sa présence au Festival d'Avignon cet été.

YouTube et les défis de la modernité

Plus récemment, le comédien s'est également lancé dans l'aventure numérique avec Dadarde, une série inspirée d'un ouvrage très personnel consacré à ses enfants. Un projet né d'une réflexion intime sur la transmission et l'amour parental.

S'il reconnaît volontiers ne pas être un spécialiste des réseaux sociaux, il estime néanmoins nécessaire de s'adapter aux nouveaux modes de diffusion. Avec humour, il confesse cependant avoir encore du mal à gérer les commentaires et les critiques qui accompagnent la visibilité sur Internet.

« La création m'a sauvé la vie »

Au fil de l'entretien, une conviction revient régulièrement : la création est bien plus qu'un métier. « Ça m'a sauvé la vie », affirme-t-il sans détour. Découverte à l'adolescence, sa passion artistique continue de guider chacun de ses projets.

Lucide sur la fragilité du métier d'acteur, il évoque également les périodes d'attente et les déceptions qui jalonnent une carrière. « Quand on ne travaille pas, on ne se sent plus désiré », confie-t-il. Une sincérité rare qui rappelle la vulnérabilité derrière les projecteurs.

Pour autant, l'enthousiasme demeure intact.

Et lorsqu'on lui demande quel conseil il donnerait à un adolescent rêvant de cinéma, sa réponse fuse avec simplicité : « Pose la farine et inscris-toi à un cours de théâtre. Peut-être que ça ne marchera pas, mais il faut essayer. On a le droit d'être en retard, mais on n'a pas le droit de ne pas y aller. »

Une philosophie qui résume parfaitement le parcours d'un artiste resté fidèle à ses rêves, de nombreuses années après ses débuts...

Propos reccueillis par Patrice CAILLET pour la RADIO DU CINEMA dans le cadre du Festival de CANNES 2026.

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