12 mai 2026
Avant même l’ouverture officielle du Festival de Cannes, certaines œuvres commencent déjà à faire parler d’elles dans les projections réservées aux professionnels de l’AFCAE. Parmi elles, La Gradiva, premier long métrage de la réalisatrice Marine Atlan, a particulièrement marqué Pierre Magne, programmateur du Lux Scène nationale.
Au micro de la Radio du Cinéma, il évoque un film « assez passionnant », découvert en avant-première dans le cadre des séances précédant le lancement du Festival de Cannes.
Direction Naples et Pompéi, au pied du Vésuve. , La Gradiva suit une classe de lycéens français en voyage scolaire avec leur professeur de latin. Une excursion éducative en apparence classique, mais qui devient peu à peu un terrain d’exploration intime pour ces adolescents traversés par les doutes, les désirs et les fractures de leur époque.
« Naples, c’est l’histoire de Pompéi, c’est notre histoire latine à toutes et tous », rappelle Pierre Magne. Dans le regard du programmateur valentinois, le décor italien devient rapidement bien plus qu’un simple arrière-plan de carte postale.
« Naples est une ville absolument unique en Italie, qui vit au pied de ce volcan. Et finalement, Pompéi, c’est un peu le négatif de Naples. Naples pourrait à chaque instant redevenir Pompéi. »
Dans cette menace sourde du Vésuve, encore actif aujourd’hui, le film fait résonner une autre forme d’incertitude : celle de la jeunesse contemporaine. Une génération en quête d’identité, ballotée entre amitiés mouvantes, attirances amoureuses et angoisses plus profondes.
« C’est un film sur la jeunesse d’aujourd’hui, notre jeunesse de 2026, confrontée à cette histoire antique, cette histoire très ancienne qui s’inscrit dans le temps long », explique Pierre Magne. « Et comment cette histoire profonde vient résonner avec les soucis de la jeunesse. »
Le critique refuse d’en dévoiler davantage sur les liens qui vont « unir ou désunir » les personnages au fil du voyage. Mais une chose semble l’avoir profondément marqué : la puissance visuelle du film.
« C’est un film très étonnant, d’une très belle facture », souligne-t-il. « Il y a des scènes d’une beauté visuelle vraiment bluffante. »
Dans sa mémoire demeurent déjà certains plans précis, presque hypnotiques. « J’ai en tête notamment l’apparition de ce volcan derrière la végétation… Il y a comme ça des scènes vraiment saisissantes. »
Avec ce premier long métrage présenté à la Semaine de la Critique, section parallèle du Festival de Cannes consacrée aux jeunes talents, Marine Atlan semble imposer une signature à la fois sensorielle et générationnelle. Un cinéma où les ruines antiques dialoguent avec les fragilités modernes, où la menace géologique devient le miroir des bouleversements intérieurs.
Dans l’atmosphère électrique de Cannes, où les premiers films cherchent souvent à exister entre éclat médiatique et émotion brute, , La Gradiva pourrait bien trouver sa place parmi les découvertes marquantes de cette édition 2026.
Le film devrait sortir en salles le 9 novembre prochain. Et à écouter Pierre Magne, il y a fort à parier que ce voyage au pied du Vésuve laissera des traces bien après le générique de fin.
Propos reccueillis par Amandine BACCONNIER - 11 mai 2026
| Par Marine Atlan, Anne Brouillet