« Mon fils président » : Mathias Mlekuz, le cinéma à hauteur d’homme

21 septembre 2026
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Après À bicyclette !, Mathias Mlekuz reprend la route avec Philippe Rebbot. Mais cette fois, c’est son fils Manolo qui donne la direction : à 19 ans, le jeune homme s’est lancé dans l’improbable quête des 500 parrainages nécessaires pour entrer dans la course à l’élection présidentielle. Présenté en avant-première au Festival De l’écrit à l’écran, Mon fils président transforme cette aventure en un film beaucoup moins politique qu’il n’y paraît. Rencontre avec Mathias Mlekuz.

Tout commence bien avant le cinéma. Manolo parle de devenir président depuis l’âge de 12 ou 13 ans. Ce que son père prenait alors pour « les délires d’un adolescent » devient progressivement un projet très concret : le jeune homme prend une année sabbatique pour partir chercher ses parrainages. Il vient de rater son permis ; Mathias Mlekuz lui propose alors de l’accompagner et d’en faire un film. Philippe Rebbot et Joseph, le frère de Manolo, rejoignent l’aventure.

Le réel comme scénariste

Présenter un tel film au Festival De l’écrit à l’écran donne évidemment envie de poser une question : comment écrit-on lorsque l’on ignore ce qui va se produire ?

Chez Mlekuz, quelques pages suffisent au départ. Le reste appartient au réel. Tout est largement improvisé et le cinéaste revient du tournage avec quelque 140 heures de rushes. C’est au montage que s’effectue alors une véritable seconde écriture. « Il y a des séquences que j’aurais été bien incapable d’écrire en tant que scénariste », confie-t-il.
Et le film imaginé au départ n’est finalement pas tout à fait celui qui apparaît : « Je voyais le film plus politique qu’il n’est. Finalement, il parle de l’intime plus que du politique. »

La caméra devient alors autre chose qu’un simple outil de tournage. Mathias Mlekuz lui reconnaît même un « rôle thérapeutique » : elle provoque la parole, oblige parfois père et fils à se dire des choses et permet à chacun de découvrir l’autre différemment. « On n’en sort pas indemne de ce genre de film et on en sort grandi », résume le réalisateur.

Un cinéma « à l’horizontal »

Au milieu de cette famille, Philippe Rebbot retrouve naturellement sa place. Ami, conseiller, médiateur, oreille attentive des enfants : Mathias le décrit comme une « pièce maîtresse » du dispositif.

De cette aventure et d’À bicyclette ! semble surtout émerger une véritable profession de foi cinématographique. Mathias Mlekuz l’appelle un cinéma « à l’horizontal » : « On est à hauteur des gens et on parle de nos vies. On ne vient pas avec une histoire et leur dire comment est la vie. Non, on la vit au jour le jour et ensuite on en fait un film. »

Peut-être est-ce là que se trouve véritablement Mon fils président. Pas tant dans la conquête improbable de l’Élysée que dans ce que la route et la caméra permettent de provoquer entre les êtres.

Un spectateur lui a d’ailleurs offert ce que Mathias Mlekuz considère comme l’un des plus beaux compliments possibles après avoir découvert le film : « Après le film, j’ai décidé de parler à mon père. »

Et lorsqu’on lui demande ce qui continue à l’émerveiller derrière une caméra, sa réponse résume peut-être tout son cinéma : les surprises, l’apparition inattendue d’une émotion, une équipe qui se crée. « Je suis complètement abasourdi par la puissance de la caméra. »

Mon fils président, de Mathias Mlekuz, est présenté en avant-première au Festival De l’écrit à l’écran. Sortie nationale le 2 décembre 2026.

Interviewée ménée par Amandine BACCONNIER - Les Bobines d'Amandine pour LA RADIO DU CINEMA