À l’occasion de la 30e édition du Festival de la Correspondance de Grignan, Lydie Freydier présente l’engagement du Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais et de ses fondations auprès des jeunes participants. Lecture expressive, jeu théâtral, histoire et création radiophonique composent un projet dont l’ambition dépasse la découverte du patrimoine littéraire. « Ça leur permet aussi de prendre confiance en eux », souligne Lydie Freydier au micro de La Radio du Cinéma.
Une lettre possède déjà une voix, même lorsqu’elle demeure couchée sur le papier. À Grignan, les élèves ont appris à lui donner un souffle, une intention et un rythme. Le micro devient alors un révélateur : il invite à écouter les mots, à mesurer un silence et à adresser un récit à celles et ceux qui se trouvent de l’autre côté du haut-parleur.
Ce travail constitue le cœur du Labo du Festival de la Correspondance de Grignan. Durant l’année scolaire, des élèves de CM1 et CM2 des écoles de Grignan, Chamaret et Roussas ont découvert la forme podcast avec Amandine Bacconnier. Ils ont enregistré des lettres sonores inspirées des textes de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, dont le 400e anniversaire de la naissance est célébré en 2026.
Des lettres du XVIIe siècle confiées aux voix des écoliers
Lecture à voix haute, mise en scène, intonation, prise de son et écoute collective : le projet mobilise plusieurs formes d’apprentissage. Les élèves ne se contentent pas de lire un document patrimonial. Ils cherchent comment une phrase circule, comment un sentiment se fait entendre et comment une voix peut rendre proche une correspondance écrite plusieurs siècles auparavant.
Pour Lydie Freydier, qui instruit notamment des dossiers pour la Fondation d’entreprise Créavenir, cette diversité explique l’intérêt du Crédit Mutuel pour le projet. « Ce sont toutes ces activités pluridisciplinaires qui font que nous avons été intéressés pour le soutenir », précise-t-elle.
La démarche rejoint aussi le langage du cinéma et de la radio. Avant une prise, il faut comprendre le texte, choisir une intention et accepter d’être écouté. Le résultat ne repose pas seulement sur la justesse de la lecture. Il révèle une présence. Une lettre de Madame de Sévigné cesse alors d’être un objet scolaire figé : elle redevient une parole destinée à quelqu’un.
Le programme officiel du festival présente cette action d’éducation artistique et culturelle comme un partenariat mené avec le Château de Grignan et La Radio du Cinéma, grâce au soutien de la Fondation Crédit Mutuel pour la lecture et du Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais.
Donner aux jeunes la possibilité de créer
Le soutien financier ne constitue qu’une partie du projet. L’enjeu consiste aussi à permettre aux enfants de devenir auteurs, interprètes et producteurs d’un contenu qu’ils pourront faire entendre au public.
« Ça offre une opportunité unique à ces enfants de s’exprimer et de développer leur créativité. Ça leur permet aussi de prendre confiance en eux. »
Lydie Freydier, Fédération du Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais
Cette confiance se construit par étapes. Il faut oser lire devant les autres, recommencer une prise, entendre sa propre voix, accueillir une remarque et respecter le travail du groupe. L’expérience radiophonique transforme ainsi la lecture en exercice d’attention. Chacun devient responsable de sa phrase tout en restant attentif à la voix de ses camarades.
Lydie Freydier insiste sur cette aptitude à écouter et à interagir. À ses yeux, ces compétences aident les jeunes à mieux comprendre leur environnement et à devenir des citoyens engagés. La création culturelle acquiert ici une portée très concrète : elle donne une place à la parole, développe l’autonomie et apprend à construire une réalisation commune.
Un partenariat culturel solidement ancré
Le Festival de la Correspondance de Grignan a été créé en 1996 à l’initiative de Bruno Durieux, alors maire de la commune. Depuis sa naissance, la manifestation fait vivre l’art épistolaire grâce aux lectures, aux rencontres littéraires, aux spectacles, aux ateliers et aux formes contemporaines de correspondance.
Lydie Freydier présente l’engagement du Crédit Mutuel auprès du festival comme un partenariat historique, poursuivi depuis plus de 20 ans. Les archives de la manifestation attestent déjà la présence conjointe de la Fondation Crédit Mutuel pour la lecture et du Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais dans le programme de 2006.
Cette fidélité répond, selon elle, au fonctionnement même d’une banque coopérative. Le Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais cherche à soutenir des initiatives conçues au plus près des habitants et susceptibles de produire des effets durables sur le territoire.
« Soutenir des projets culturels et éducatifs comme celui porté par les ateliers scolaires, c’est une manière de renforcer notre présence et notre engagement sur nos territoires. »
Lydie Freydier
Le festival ne se limite donc pas à quelques journées de programmation estivale. Les ateliers menés durant l’année prolongent son action dans les écoles. Le patrimoine local, l’histoire littéraire et les pratiques médiatiques actuelles se répondent. La restitution publique donne ensuite aux élèves la possibilité de présenter une création achevée, pensée pour être partagée.
Créavenir : agir contre l’exclusion et soutenir l’autonomie
Créée en 1997, la Fondation d’entreprise Créavenir du Crédit Mutuel Dauphiné-Vivarais intervient contre les différentes formes d’exclusion. Son action couvre notamment l’emploi, le logement et la santé. Elle accompagne des structures existantes ainsi que des projets individuels de réinsertion et d’aide à l’emploi.
La fondation soutient également la transmission d’entreprises ou d’activités artisanales, l’installation de jeunes agriculteurs, le développement durable et solidaire ainsi que la défense du patrimoine. Elle travaille avec des organismes qui poursuivent des objectifs comparables sur le territoire.
Son volet consacré à la jeunesse finance des initiatives favorisant l’autonomie et l’insertion sociale ou professionnelle. Les projets retenus peuvent encourager la citoyenneté active, participer au développement local, soutenir une première création culturelle ou scientifique et contribuer à la lutte contre l’exclusion.
Les ateliers scolaires de Grignan répondent directement à plusieurs de ces orientations. Ils associent création, transmission, maîtrise de la parole et découverte d’un outil médiatique. Ils permettent surtout aux élèves de produire eux-mêmes le contenu présenté au public.
Lydie Freydier cite aussi les ateliers d’éducation budgétaire et financière proposés par le Crédit Mutuel à des jeunes âgés de 14 à 17 ans, accompagnés de leurs parents. Organisées dans les caisses locales avec la participation de salariés et d’élus bénévoles, ces séances visent à transmettre des connaissances utiles pour comprendre et gérer son argent. Cette autre action poursuit une ambition similaire : fournir aux adolescents des repères qui renforceront progressivement leur autonomie.
La Fondation Crédit Mutuel pour la lecture, du livre au lien social
Le partenariat local bénéficie aussi de l’appui de la Fondation Crédit Mutuel pour la lecture, créée en 2009 et abritée par la Fondation de France. Sa mission consiste à faciliter l’accès à la lecture en langue française comme outil d’inclusion culturelle, économique et sociale.
Son action porte sur quatre domaines : la lecture durant la petite enfance, la lecture de la maternelle au lycée, la prévention et la lutte contre l’illettrisme, puis les prix et événements littéraires.
D’après son rapport annuel 2025, publié le 1er juillet 2026, la Fondation a soutenu 236 projets pour près d’1,5 million d’euros. Ces actions ont bénéficié à 1,6 million de personnes au niveau local, régional ou national.
À Grignan, cette politique prend la forme d’un atelier où le livre rencontre la voix et les outils de création sonore. La lecture devient une pratique vivante, collective et accessible. Elle n’est plus seulement un savoir à acquérir : elle offre un moyen de s’exprimer, d’entrer en relation avec un texte et de trouver sa propre manière de raconter.
Un festival qui poursuit son action bien après les lectures
Pour Lydie Freydier, le Festival de la Correspondance constitue un moteur de vitalité locale. Les habitants, les écoles, les artistes, les équipes culturelles et les partenaires contribuent à une aventure commune qui se prolonge au-delà de la semaine de programmation.
« Ces projets culturels permettent de transmettre des savoirs, des valeurs et des compétences de manière très vivante et engageante. En soutenant ces initiatives, nous investissons beaucoup dans l’avenir. »
Lydie Freydier
Le mot « correspondance » retrouve alors son sens le plus généreux. Une lettre relie deux personnes. Un atelier relie une œuvre ancienne à des voix d’aujourd’hui. Un partenariat relie des moyens financiers, des compétences pédagogiques et une volonté locale. À la fin, les élèves ne repartent pas seulement avec la connaissance d’un texte du XVIIe siècle. Ils savent qu’une voix travaillée, écoutée et partagée peut donner forme à une histoire.