Du 16 au 22 août 2026, Lussas accueille la 38e édition des États généraux du film documentaire : 130 films, rencontres, ateliers et projections sous le ciel ardéchois.
À Lussas, le documentaire a son village, ses chemins de traverse, ses discussions qui débordent des salles et sa façon unique de faire circuler les images. Chaque été, cette commune d’Ardèche devient un point de ralliement pour les cinéastes, les programmateurs, les étudiants, les chercheurs, les professionnels et les spectateurs curieux de cinéma documentaire.
Créés en 1989, les États généraux du film documentaire constituent l’un des grands rendez-vous français consacrés au documentaire de création. Portée par Ardèche Images, la manifestation défend une idée simple et rare : regarder des films, en parler longuement, transmettre les outils du regard et faire vivre les œuvres loin de la logique du palmarès.
La 38e édition se tiendra du au . Le programme annoncé réunit 130 films, des rencontres, des séminaires, des journées professionnelles, des ateliers, des séances en plein air, un parcours découverte, des projections chez l’habitant, des rendez-vous pour le jeune public et une vidéothèque à la Maison du doc.
Un festival non compétitif, conçu pour prendre le temps des films
La singularité de Lussas repose sur son rythme. Ici, la projection ne se réduit pas à une case horaire : elle ouvre un espace de parole. Les films circulent avec leurs auteurs, leurs producteurs, leurs programmateurs et un public qui accepte de regarder autrement, sans attendre le réflexe du verdict immédiat.
Cette fidélité au temps long fait des États généraux du film documentaire un festival aussi précieux pour les professionnels que pour les spectateurs qui découvrent le documentaire d’auteur. Le rendez-vous ardéchois ne cherche pas l’effet de vitrine : il privilégie l’écoute, la précision critique, la transmission et la circulation des œuvres.
Les grands axes de l’édition 2026
La section Expériences du regard conserve sa fonction de vigie : repérer la production francophone européenne récente, accompagner les films peu diffusés et révéler des gestes documentaires encore fragiles, déjà singuliers. Cette sélection permet de prendre le pouls d’un cinéma en cours d’invention, dans ses formes, ses sujets et ses nouvelles voix.
La Route du Doc mettra la Tunisie à l’honneur dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Ce choix inscrit Lussas dans une dynamique plus large consacrée aux récits, aux circulations culturelles et aux images venues du bassin méditerranéen.
La section Histoire(s) du documentaire remontera le fil du cinéma argentin de 1958 à 1987. Ce parcours, conduit par Federico Rossin, promet un voyage politique et esthétique dans une période traversée par les secousses de l’histoire, les censures, les résistances et les réinventions du langage documentaire.
Franco Maresco, Sanrizuka et les territoires en résistance
Le volet Fragment d’une œuvre sera consacré à Franco Maresco, cinéaste italien au ton féroce, burlesque et politique. Son cinéma attaque les mythologies du pouvoir, les lâchetés collectives et les zones troubles de la mémoire sicilienne. Plusieurs films éclaireront ce parcours, dont Belluscone. Une histoire sicilienne, La mafia n’est plus ce qu’elle était et Un film fatto per Bene.
La programmation Cinémas et territoires en résistance accueillera un séminaire intitulé Une terre de soleil / De soleil resplendissant. Le cycle s’intéressera à Sanrizuka, lieu majeur de luttes paysannes et de cinéma militant au Japon, avec des œuvres liées aux combats contre la construction de l’aéroport de Narita.
Des films inédits de Fukuda Katsuhiko viendront nourrir cette réflexion. Ancien membre d’Ogawa Productions, Fukuda a filmé la résistance de Sanrizuka dans un geste patient, collectif et frontal. Son film A Grasscutter’s Tale prolonge cette attention aux terres défendues, aux gestes agricoles et aux mémoires menacées.
La Clef, création africaine et cinéma palestinien
Le festival invitera le cinéma La Clef pour une carte blanche consacrée aux lieux à faire revivre. Ce choix résonne fortement à Lussas, village où le documentaire s’invente aussi grâce aux espaces de projection, aux habitants, aux fidélités collectives et aux salles que l’on refuse de laisser disparaître.
La jeune création d’Afrique subsaharienne occupera également une place importante. Cette programmation, confiée à Madeline Robert et à un cinéaste africain invité, donnera de la visibilité à des courts et longs métrages portés par des regards émergents.
L’édition 2026 annonce aussi une attention au cinéma palestinien, aux histoires de mobilisations, à l’exercice critique et aux formes documentaires capables de faire entendre des récits fragilisés par la violence politique, l’exil ou l’effacement médiatique.
Scam, Sacem, Tënk et Docmonde : le documentaire par tous ses chemins
La Scam proposera une journée consacrée à des documentaires soutenus par le dispositif Brouillon d’un rêve. La Sacem mettra la musique originale au premier plan à travers un atelier dédié à un compositeur ou une compositrice, puis la remise du Prix du meilleur documentaire musical 2026.
Tënk, plateforme née à Lussas, consacrera deux séances à des films préachetés afin de suivre la fabrication d’une œuvre, de l’écriture à la postproduction. Docmonde présentera des films développés dans ses résidences internationales, fidèle à sa mission d’accompagnement des auteurs et autrices du monde entier.
Le documentaire sonore aura aussi sa nuit avec la Nuit de la Radio, composée par la Scam, à Saint-Laurent-sous-Coiron. Écoute collective sous les étoiles, accès sur préinscription et prolongement convivial : ce rendez-vous rappelle que le réel se raconte aussi par les voix, les silences et les archives sonores.
Un visuel 2026 signé Chloé Kerleroux
L’identité visuelle de cette 38e édition s’appuie sur une photographie de Chloé Kerleroux, issue de la série Les foires aux chevaux Gypsy. Réalisé à Appleby, en Angleterre, et à Ballinasloe, en Irlande, ce travail photographique accompagne idéalement l’esprit de Lussas : circulation, communauté, gestes transmis, territoires habités.
Un festival à vivre dans les salles, dehors et chez les habitants
Les projections en plein air font partie des grands plaisirs de Lussas. Chaque soir, elles accueillent des avant-premières de longs métrages appelés à sortir en salles. Le festival déborde aussi les lieux classiques avec des projections chez l’habitant, des séances dans les villages alentours, des rendez-vous en accès libre et une vidéothèque installée à la Maison du doc.
Le jeune public bénéficiera de deux ateliers de pratique, sur préinscription, pour les enfants de huit à 12 ans. Films, manipulation des images et initiation au regard documentaire composent une première approche concrète du cinéma. Une séance gratuite de courts métrages documentaires est également annoncée le samedi.
Infos pratiques
Dates : du dimanche 16 août au samedi 22 août 2026.
Lieu principal : Ardèche Images / L’Imaginaïre, Village documentaire, 300 route de Mirabel, 07170 Lussas, Ardèche.
Programme annoncé : 130 films, rencontres, séminaires, journées professionnelles, ateliers, projections en plein air, séances spéciales, jeune public, Nuit de la Radio, vidéothèque, projections chez l’habitant et rendez-vous hors les murs.
Billetterie 2026 : à venir. Les tarifs définitifs ne sont pas encore publiés ; la page officielle billetterie et tarifs doit être consultée avant toute réservation.
Accès : la gare SNCF la plus proche est Montélimar. Un autocar TER dessert Lavilledieu Centre, puis une navette festival assure la liaison vers Lussas pendant la manifestation, en correspondance avec les horaires annoncés par l’organisation.
Stationnement : le cœur du village est réservé aux riverains pendant le festival. Trois parkings sont prévus aux abords de Lussas, direction Eyriac, Mirabel et Darbres.
Accessibilité : les sites de projection sont annoncés accessibles aux personnes à mobilité réduite. Le plein air reste signalé comme très escarpé.
À prévoir : espèces, protection contre la chaleur en journée, vêtement chaud pour les séances du soir, bonnes chaussures pour circuler dans le village et réservation anticipée des hébergements.