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Interview: Rencontres 7e Art Lausanne : la directrice générale Alexandrine Kol

10 mars 2026
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Festival • Lausanne • coulisses

David Marmier (La Radio du Cinéma) tend le micro à Alexandrine Kol, directrice générale des Rencontres 7e Art Lausanne. Sa phrase résume tout un métier : « Je passe derrière les affiches sans les décoller », glisse-t-elle, sourire en coin. Derrière cette formule, une conviction : la magie d’un festival se fabrique souvent hors champ.

Mis en ligne le • Entretien réalisé le au Beau-Rivage Palace (Lausanne) • Propos recueillis par David Marmier

Les Rencontres 7e Art Lausanne se tiennent du 5 au 15 mars 2026, sous la thématique HOPE, dans plusieurs lieux de la ville, avec un cœur battant au Capitole – Cinémathèque suisse. Tout est là : des projections sur grand écran, des conversations publiques, des hommages, et l’envie assumée de faire du cinéma un langage commun.

« Je déteste la lumière » : l’éloge du travail invisible

Dans ce festival où les artistes croisent le public, Alexandrine Kol revendique l’arrière-scène. Elle le dit sans détour :

Alexandrine Kol : « Je déteste la lumière… j’aime surtout être dans l’ombre pour faire qu’un événement puisse être mis en lumière. »

Cette posture n’a rien d’une coquetterie : c’est une méthode. Celle d’une femme qui s’est construite dans l’art concret de la logistique, là où un détail oublié peut faire dérailler tout un calendrier. Et qui préfère, de loin, la précision d’une feuille de route au vertige des projecteurs.

De la régie au festival : une trajectoire née en 1993

Alexandrine Kol raconte un départ inattendu : « très étrangement », dit-elle, elle n’était pas cinéphile « . Son entrée dans le cinéma tient à une occasion saisie au bon moment, puis à une évidence : organiser, anticiper, tenir le rythme.

Alexandrine Kol : « Ma vie n’est faite que de rencontres et d’opportunités que j’ai su prendre au vol. »

Elle débute en 1993 comme stagiaire à la régie, puis gravit les échelons jusqu’en 2005, de régisseuse adjointe à régisseuse générale. « Les petites mains », dit-elle, celles sans qui « on ne peut rien faire ». Un apprentissage où l’on apprend à faire circuler les équipes, les idées, les solutions, sans bruit inutile.

La rencontre avec Vincent Perez, bien avant Lausanne

Le festival est fondé par Vincent Perez . La page “Festival” des Rencontres situe clairement le cadre : une manifestation « loin d’un festival à compétition », axée sur les œuvres des invité·es et les chefs-d’œuvre du patrimoine.

Dans l’entretien, Alexandrine Kol remonte plus loin : elle dit avoir rencontré Vincent Perez sur le tournage de son premier long métrage, Peau d’ange

Plus tard, lorsque Vincent Perez lance la première édition des rencontres en 2018, Alexandrine Kol arrive « en assistante », d’abord pour gérer l’agenda. En 2019, elle prend l’opérationnel et la logistique. Puis vient 2020, et ce baptême que beaucoup auraient préféré éviter :

Alexandrine Kol : « J’ai pris la direction générale en 2020, l’année du COVID… pour une première expérience, c’était un joli baptême. »

HOPE : Lausanne comme décor, Chaplin comme boussole

Dans la bouche de David Marmier, une image revient : la ville affichée, scénographiée, habitée par la thématique HOPE. Le festival revendique d’ailleurs ce fil rouge : la Cinémathèque suisse présente l’édition 2026 comme une invitation à revisiter des œuvres où l’espoir devient moteur narratif. (Source Cinémathèque suisse)

Chaplin’s World, musée dédié à Charlie Chaplin, se situe à Corsier-sur-Vevey, sur l’axe Lausanne–Montreux . Accès Chaplin’s World. Et le Beau-Rivage Palace rappelle que Charlie Chaplin et Oona Chaplin y ont passé leur première nuit en Suisse en 1952

Pour donner un visage à HOPE, les Rencontres ont aussi communiqué sur un choix d’affiche lié à Les Temps modernes de Chaplin, image devenue symbole d’une marche en avant malgré l’époque. Rencontres 7e Art Lausanne (LinkedIn).

Clin d’œil assumé : Chaplin a laissé une chanson comme un mantra, cinq mots qui tiennent dans une poche de manteau — « Smile, though your heart is aching » — et qui collent assez bien à l’esprit HOPE.

Un festival sans compétition, pour transmettre et relier

C’est l’un des points les plus clairs de l’interview, et il est cohérent avec le positionnement officiel : les Rencontres se présentent comme un rendez-vous sans compétition, tourné vers la passion, l’émotion et l’échange, ouvert à toutes et tous. Présentation officielle du festival.

Alexandrine Kol insiste sur la dynamique humaine : des invité·es qui viennent non pas chercher un palmarès, mais un public ; des équipes qui travaillent sur l’année ; et, parfois, des collaborations qui naissent à Lausanne parce que des artistes se rencontrent enfin, au bon endroit, au bon moment.

Elle cite aussi celles qui font le lien, concrètement, avec les artistes : Olivia Weemaes et Alexandra De Jongh. Équipe des Rencontres.

Invité·es 2026 : Wes Anderson, Laurence Fishburne, Marin Karmitz… et une semaine pleine de rencontres

Côté hommages, Wes Anderson et Laurence Fishburne reçoivent le Trophée Chaplin lors de cette neuvième édition. Pour les filmographies : IMDb Wes AndersonIMDb Laurence Fishburne.

Le festival met également à l’honneur Marin Karmitz (producteur, distributeur, fondateur de MK2) : invité d’honneur et Prix d’Honneur. Page programme : Marin Karmitz, invité d’honneurIMDb Marin Karmitz.

Pour explorer l’ensemble des horaires, lieux et événements : Programme complet des Rencontres 2026.

Et parce que le cinéma passe aussi par la musique, Bruno Coulais figure au programme des rencontres professionnelles. Le compositeur aux trois César . Académie des César : Bruno Coulais.

Infos pratiques : dates, lieux, liens utiles

Pour une synthèse pratique (programme, tarifs, accès) côté La Radio du Cinéma : notre page agenda dédiée.

  • Rencontres 7e Art Lausanne
  • HOPE
  • Alexandrine Kol
  • Vincent Perez
  • Trophée Chaplin
  • Wes Anderson
  • Laurence Fishburne
  • Marin Karmitz
  • Chaplin’s World
  • Cinémathèque suisse

À retenir : dans cet entretien, Alexandrine Kol défend une idée simple — un festival peut être un lieu de transmission avant d’être une vitrine. Un générique vivant, où l’on vient pour écouter, questionner, et repartir avec une envie de cinéma sous le bras.