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Le rêve américain : Raphaël Quenard et Anthony Marciano, l’interview

14 février 2026
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« C’est quasiment une comédie romantique », résume le réalisateur Anthony Marciano au micro de Patrice Caillet sur La Radio du Cinéma, en parlant du film Le rêve américain, au cinéma le 18 février 2026. Il met en scène Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi dans la peau de Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye, deux amis partis de rien, devenus des agents sportifs français au premier plan du basket tricolore: retour sur une interview qui raconte, à sa façon, comment on fabrique un rêve… sans tricher avec l’histoire.

« Personne n’y croyait » : le scénario comme jeu de piste

Dans l’interview, Anthony Marciano décrit une fabrication “par paliers” : écrire sans accès direct aux personnes réelles, convaincre des acteurs, puis seulement réussir à rencontrer les intéressés. Le cinéaste parle d’un parcours étape par étape, où le scénario circule, se transmet, se défend.

Sur le papier, l’histoire a tout d’un récit à obstacles : deux Français partent de très loin, apprennent les codes, essuient des refus, et finissent par se faire une place dans un univers réputé imprenable. La presse sportive rappelle d’ailleurs le caractère hors-norme de cette ascension, devenue matière à cinéma via un article de la FFBB (11 février 2026) et un grand récit de L’Équipe (12 février 2026).

Quand le film refuse le manuel du buddy movie

Le passage le plus révélateur de l’échange tient en une décision d’écriture : Anthony Marciano explique avoir refusé d’ajouter une scène de dispute, pourtant fréquente dans les “buddy movies”. Motif : elle ne correspondait ni à ce qu’il percevait dans les archives vidéo, ni à ce que lui ont confirmé les vrais Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana lors de leur rencontre.

Il évoque même, dans l’interview, des trahisons et des sommes dues de 1.000.000 de dollars sans poursuites, comme signe d’un état d’esprit tourné vers “le suivant”, jamais vers le règlement de comptes. À l’écouter, le cœur du film tient dans la fidélité à l’élan commun — “tout est vrai” dit-il au micro de La Radio du Cinéma.

Amour, famille, entourage : une réussite qui se construit à plusieurs

Interrogé par Patrice Caillet sur la place des proches, Raphaël Quenard insiste sur une dimension chorale : les compagnes, les enfants, les mères. Il parle d’un “soutien inconditionnel” et d’une énergie qui circule, se partage, se relaye, quand l’un doute et que l’autre tient la barre.

C’est aussi une façon d’offrir une clé de lecture simple : Le rêve américain raconte la persévérance, oui, mais pas en solitaire. Le film rappelle que les trajectoires spectaculaires ont souvent des coulisses : des coups de fil, des concessions, des soirs de désespoir… et des gens qui continuent d’y croire même quand la journée, le mois, les années ont été rudes.

Le basket, l’étincelle : filmer une rencontre comme une naissance

Dans l’interview, Raphaël Quenard revient sur une idée de mise en scène : reproduire à l’écran la rencontre sur un terrain de basket à Menton, telle qu’elle est racontée. Il insiste sur la nécessité de créer “cinématographiquement une alchimie”, une sensation de première fois, comme si le film captait l’instant où une amitié prend forme.

Le défi, raconte Anthony Marciano, se concentre sur cette scène de rencontre, car Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi partagent déjà une complicité visible. Ensuite, le film bascule dans une fraternité installée depuis le film Coupez! de Michel Hazanavicius en 2022.

Un réalisateur précis, des acteurs “sur la retenue”

Quand l’équipe évoque le tournage, Raphaël Quenard décrit Anthony Marciano comme très pointilleux, avec une précision d’horloger, et une méthode qui canalise les envies d’improvisation. Le réalisateur répond en revendiquant une priorité : l’histoire, travaillée, lue, retouchée, répétée.

Résultat annoncé : des interprétations moins démonstratives, plus contenues, “au service du personnage”. Anthony Marciano dit vouloir éviter que les comédiens “sortent du personnage”, tout en gardant la porte ouverte aux trouvailles utiles, intégrées au texte quand elles renforcent le récit.

La morale du film : rêver ne suffit pas

Dans les dernières minutes, l’échange bascule vers le “après la séance”. Raphaël Quenard souhaite un déclic : s’autoriser à rêver, malgré les voix qui réduisent, découragent, ou déforment les désirs. Il insiste sur la sincérité : elle finit par dépasser la maladresse.

Anthony Marciano complète avec une idée très concrète : “avoir un plan et travailler”. Il cite une routine de travail montrée dans le film : se lever à 05h00 pendant 10 ans pour “gagner 2 h” sur les autres. Et pour le cinéma, son conseil se résume à une injonction simple : écrire des histoires, ne pas attendre qu’elles arrivent “d’ailleurs”.

Infos pratiques : date de sortie, durée, sources

  • Titre : Le rêve américain
  • Réalisation / scénario : Anthony Marciano (fiche Gaumont)
  • Avec : Raphaël Quenard, Jean-Pascal Zadi (fiche Gaumont ;IMDb)
  • Sortie en France : 18 février 2026
  • Durée : 122 minutes
  • Contexte : film inspiré de l’histoire de Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, racontée aussi par la presse sportive (FFBB, L’Équipe)

Photographies: Amandine Bacconnier

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Anthony Marciano , Raphaël Quenard , Patrice Caillet

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