02 septembre 2026
Jean-Paul Rappeneau : le panache, l’aventure et l’amour du grand cinéma populaire français
Le réalisateur de Cyrano de Bergerac, Le Sauvage et Le Hussard sur le toit, Jean-Paul Rappeneau, s’est éteint à l’âge de 94 ans. Dans Les Bobines d’Amandine, La Radio du Cinéma revient sur la carrière d’un cinéaste perfectionniste et romanesque, qui aura marqué le cinéma français avec seulement huit longs métrages.
Il n’a réalisé que huit longs métrages en cinquante ans. Huit films seulement, mais plusieurs sont devenus des classiques du cinéma français.
Jean-Paul Rappeneau est mort le 1er septembre 2026 à Paris, à l’âge de 94 ans, laissant derrière lui un cinéma fait de mouvement, d’aventure, de grandes histoires d’amour et, évidemment, de panache.
Avant Rappeneau réalisateur, Rappeneau scénariste
Né à Auxerre en 1932, Jean-Paul Rappeneau commence sa carrière loin des projecteurs.
Avant de passer derrière la caméra, il écrit pour les autres et participe notamment au scénario de Zazie dans le métro de Louis Malle.
On retrouve également sa plume sur L’Homme de Rio de Philippe de Broca, avec Jean-Paul Belmondo. Une comédie d’aventures menée à cent à l’heure qui contient déjà beaucoup de ce qui deviendra la signature du futur réalisateur : le rythme, le mouvement, les voyages et des personnages lancés dans une course permanente.
En 1966, il réalise enfin son premier long métrage, La Vie de château, avec Catherine Deneuve et Philippe Noiret.
Le film remporte le prix Louis-Delluc et lance définitivement sa carrière de réalisateur.
Deneuve, Belmondo, Montand, Adjani…
Jean-Paul Rappeneau va alors filmer certains des plus grands acteurs français.
Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert dans Les Mariés de l’an II. Yves Montand et Catherine Deneuve dans Le Sauvage. Isabelle Adjani dans Tout feu tout flamme…
Chez Rappeneau, les personnages courent beaucoup, se disputent énormément et s’aiment rarement de manière simple.
C’est particulièrement vrai dans Le Sauvage, sorti en 1975. Catherine Deneuve y incarne une jeune femme aussi imprévisible qu’envahissante qui débarque dans la vie d’un Yves Montand réfugié sur une île au large du Venezuela.
Le résultat est une comédie romantique, physique et aventureuse devenue l’un des films les plus aimés de son réalisateur.
« Cyrano de Bergerac », le triomphe
Mais le film qui fera définitivement entrer Jean-Paul Rappeneau dans l’histoire du cinéma arrive en 1990.
Cyrano de Bergerac.
Le projet est immense : adapter Edmond Rostand, conserver ses alexandrins et transformer cette œuvre théâtrale monumentale en grand spectacle cinématographique.
Sous la direction de Rappeneau, Gérard Depardieu devient Cyrano.
Le film séduit plus de cinq millions de spectateurs dans les salles françaises et connaît un succès international exceptionnel.
Nommé cinq fois aux Oscars, Cyrano de Bergerac triomphe également aux César avec dix récompenses, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur.
Et plus de trente-cinq ans après sa sortie, il reste indissociable de Jean-Paul Rappeneau.
Du « Hussard sur le toit » au dernier film
Cinq ans après Cyrano, Rappeneau se lance dans un autre projet spectaculaire : Le Hussard sur le toit, adapté du roman de Jean Giono.
Juliette Binoche et Olivier Martinez traversent une Provence ravagée par le choléra dans une nouvelle grande fresque où se mêlent aventure, romanesque et sentiments.
Suivront Bon Voyage en 2003 puis, en 2015, Belles Familles, qui restera son dernier long métrage.
Jean-Paul Rappeneau avait alors 83 ans.
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Huit films en cinquante ans : le chiffre dit aussi quelque chose du personnage.
Jean-Paul Rappeneau était un cinéaste perfectionniste, capable de laisser passer de longues années avant de trouver le projet qui lui donnerait suffisamment envie de retourner sur un plateau.
Mais lorsqu’il y retournait, il voyait grand.
Des costumes, des décors, de l’aventure, des acteurs magnifiques, des dialogues qui fusent et cette sensation permanente de mouvement.
Son cinéma pouvait être populaire sans être facile, élégant sans être figé et romanesque sans jamais perdre son humour.
Il aura surtout traversé plusieurs générations en dirigeant Catherine Deneuve, Philippe Noiret, Jean-Paul Belmondo, Marlène Jobert, Yves Montand, Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Juliette Binoche ou encore Mathieu Amalric.
Jean-Paul Rappeneau disparaît, mais il laisse derrière lui quelques-unes des plus belles images du cinéma populaire français.
Et si Cyrano de Bergerac reste son monument, Amandine vous propose dans sa chronique de redécouvrir aussi Le Sauvage.
Parce qu’il suffit parfois de revoir Catherine Deneuve et Yves Montand se chamailler sous les tropiques pour comprendre tout le cinéma de Rappeneau.
De l’amour, du mouvement, de l’aventure…
et toujours du panache.