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Deauville 2026 – Susan Sarandon, lumineuse dans The Accompanist

12 septembre 2026
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Deauville a consacré une journée à Susan Sarandon. Après l’inauguration de sa cabine sur les Planches et la remise d’un Deauville Icon Award, l’actrice américaine a présenté The Accompanist, de Zack Woods. Un film sur la perte, la reconstruction et la rencontre inattendue entre une enfant privée de ses repères et une femme qui porte elle aussi ses blessures. Laura nous raconte cette avant-première pour La Radio du Cinéma.

À Deauville, la projection de The Accompanist s’inscrivait dans une journée entièrement placée sous le signe de Susan Sarandon. Après l’inauguration de la cabine de plage portant désormais son nom sur les célèbres Planches, l’actrice a reçu un Deauville Icon Award, remis par la réalisatrice, scénariste et productrice Euzhan Palcy, membre du jury.

Un moment chargé d’émotion pour Susan Sarandon, qui a conclu son discours par quelques mots simples : « Personne n’est libre tant que nous ne sommes pas tous libres. »

Puis place au cinéma.

Deux solitudes qui doivent apprendre à vivre ensemble

Dans The Accompanist, une petite fille vit avec son grand-père, jusqu’au jour où les premiers signes de démence de celui-ci alertent son entourage.

Après avoir innocemment évoqué la situation à l’école, l’enfant est séparée de son grand-père par les services sociaux et confiée à une famille d’accueil.

C’est là qu’elle rencontre le personnage incarné par Susan Sarandon, une femme de 73 ans dont la manière d’accueillir l’enfant va immédiatement déjouer les attentes.

Lors de sa première nuit, la petite fille refuse ainsi d’entrer dans la maison et préfère se réfugier dans un parc. Plutôt que de lui imposer son autorité, sa nouvelle tutrice la rejoint, lui apporte ce dont elle a besoin… et lui laisse le temps.

Cette première nuit donne le ton de ce qui fonctionne le mieux dans le film : une relation qui ne se construit ni par les grands discours ni par l’autorité, mais progressivement, en laissant à chacune sa place.

Susan Sarandon, entre liberté et fantaisie

Le personnage de Susan Sarandon porte pourtant son propre deuil.

Elle a perdu une fille atteinte d’anorexie, et l’arrivée de cette enfant dans sa vie fait nécessairement surgir une question : vient-elle combler une absence ?

Zack Woods choisit d’évoquer cette fille disparue à travers plusieurs séquences de souvenirs, de rêves ou de projections. C’est aussi là que le film convainc moins.

Ces scènes appuient parfois trop fortement l’émotion et finissent par détourner l’attention de ce qui constitue pourtant le cœur du récit : la rencontre entre ces deux personnages et la manière dont elles apprennent à se faire confiance.

The Accompanist n’échappe donc pas toujours au piège du mélodrame. Certaines intentions sont soulignées là où davantage de retenue aurait sans doute suffi.

L’humour plutôt que les larmes

C’est finalement lorsque le film cesse de vouloir provoquer l’émotion qu’il devient le plus juste.

L’humour, notamment, permet à la relation entre la femme et l’enfant de trouver une légèreté bienvenue. Les scènes qu’elles partagent installent progressivement une complicité crédible et donnent envie de croire à ce lien qui se construit sous nos yeux.

Et au centre de tout cela, il y a évidemment Susan Sarandon.

Zack Woods la qualifiait de « lumineuse » avant la projection. Le mot lui va bien. À la fantaisie de son personnage, l’actrice ajoute cette liberté de jeu et cette élégance qui lui permettent de passer de la gravité à l’humour sans jamais perdre sa présence.

Des décennies après Thelma & Louise, elle conserve surtout quelque chose de précieux : la capacité à rendre immédiatement vivant un personnage qui aurait facilement pu n’être qu’une figure maternelle réparatrice.

Un film imparfait, mais généreux

The Accompanist n’est donc pas exempt de maladresses. Il cherche parfois trop ostensiblement les larmes et certaines séquences auraient gagné à faire davantage confiance au spectateur.

Mais lorsque Zack Woods se concentre sur ses deux personnages, le film trouve sa justesse.

Il raconte alors moins le remplacement d’un être perdu que la possibilité de créer un nouveau lien sans effacer ceux qui existaient auparavant.

Un film qui cherche clairement à mettre du baume au cœur et qui, malgré quelques effets trop appuyés, y parvient souvent grâce à son duo et à une Susan Sarandon toujours aussi libre devant la caméra.

Aucune date de sortie française n’est encore annoncée pour The Accompanist.