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"Si on arrondit trop les angles, on finit par s'embourgeoiser ": Vincent Perez chez lui à Lausanne

13 mars 2026
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À l’occasion de la neuvième édition des Rencontres du 7e art Lausanne, Vincent Perez se confie au micro de La Radio du Cinéma : « On est chez moi », glisse-t-il. Du 5 au 15 mars 2026, la ville déroule le tapis rouge au cinéma du patrimoine, aux masterclass et à une thématique qui sonne comme un mot de passe : HOPE.

Par David Marmier • Publié le 13 mars 2026

Avant de parler des rencontres 7e art de Lausanne, Vincent Perez commence par ce qui compte quand on aime le septième art : les films qui vous suivent comme une mélodie persistante. À la question « film préféré », il cite City Lights (les lumières de la ville) de Charlie Chaplin, « peut-être le plus beau film de l’histoire du cinéma », puis Sunrise (Aurore) de Friedrich Wilhelm Murnau. Côté musique, il évoque le compositeur Ryuichi Sakamoto (oscarisé pour The Last Emperor) et son album async. Et pour la réplique culte, il assume un goût de la transgression en citant Gérard Depardieu dans Les Valseuses : « On n’est pas bien là…».

Un festival né d’un retour aux origines

Face à David Marmier, Vincent Perez rembobine : Lausanne, le canton de Vaud, « le pays de mon enfance ». Il raconte une passion née ici, nourrie par la photographie, les salles obscures et l’envie de « vivre des aventures ». Né à Lausanne, l’acteur et réalisateur rappelle qu’il a grandi dans le canton avant de partir découvrir le monde.

Vincent Perez : « C’est ici qu’a éclos ma passion pour le cinéma… et cette nécessité de vivre des aventures et des histoires importantes. »

Cette énergie irrigue les Rencontres : un festival pensé comme une grande séance partagée, sans esprit de concours. Vincent Perez cite volontiers la filiation avec le Festival Lumière de Lyon et l’inspiration d’un événement qui « célèbre le cinéma » en redonnant leur place aux classiques sur grand écran.

Le Capitole et la Cinémathèque suisse, un décor à la hauteur des films

Parmi les partenaires, le Cinéma Capitole est un personnage à part entière : inauguré en 1928, restauré, devenu la « Maison du cinéma » pilotée par la Cinémathèque suisse

Le lien est intime pour Vincent Perez, qui raconte avoir grandi non loin de Penthaz, où se trouvent les archives de la Cinémathèque suisse. Il évoque les films conservés, les affiches, les photographies, ce travail patient qui maintient la mémoire à température de projection. Et c’est aussi cela, l’esprit des Rencontres : transmettre, faire circuler, remettre les œuvres en mouvement.

HOPE, une neuvième édition guidée par l’élan

Cette année, la programmation se lit au fil d’un thème : HOPE. La Cinémathèque suisse décrit cette édition comme une invitation à revisiter des œuvres où l’espoir devient moteur narratif, au sein de onze jours rythmés par projections, discussions et masterclass.

Irène Jacob, Antonioni, et l’art de devenir « le corps » d’un cinéaste

Dans l’entretien, Vincent Perez annonce aussi un moment de scène avec Irène Jacob autour de Michelangelo Antonioni, cinéaste avec lequel ils ont travaillé. Il raconte un tournage où le metteur en scène, diminué physiquement, continuait à diriger avec une précision sidérante : Vincent Perez dit avoir pris la décision de devenir « sa voix », « son corps », « son mouvement ».

En marge du festival, une lecture en hommage à Antonioni réunit Irène Jacob et Vincent Perez, suivie d’un extrait de Beyond the Clouds (Par-delà les nuages) et d’un échange avec Enrica Antonioni.

Ateliers, médiation, inclusivité : le cinéma se partage aussi hors de l’écran

Les Rencontres ne se limitent pas aux projections : ateliers, transmissions de métiers, rendez-vous publics. Exemple concret : un atelier de doublage accessible dès dix ans, proposé comme une expérience ludique pour comprendre bruitage, bande rythmo et jeu à la voix.

Le festival met aussi en avant un axe « inclusivité », avec des séances Relax et une rencontre autour du documentaire Invincible été, en présence d’Olivier Goy, atteint de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot).

Et Vincent Perez, acteur et réalisateur, dans tout ça

Vincent Perez le dit sans détour : ce festival lui sert « d’école », un lieu où l’on réapprend en regardant les parcours des invité·es, en écoutant leurs visions, en revenant aux œuvres. Il parle de sa curiosité intacte et de son désir de rester ouvert au débat, au travail, à la marge plutôt qu’au confort.

Côté actualité, il évoque son travail d’acteur, notamment la série B.R.I. (Canal+), et annonce préparer un prochain film en tant que réalisateur, avec un tournage envisagé en septembre (information donnée dans l’entretien).