25 juin 2026
Le Festival international du film d'animation d'Annecy est aussi le lieu où l'on découvre les films de demain. Parmi les présentations les plus attendues de cette édition 2026 figurait ViQueens, premier long métrage d'animation du réalisateur norvégien Harald Zwart, connu notamment pour The Karate Kid (2010), The Mortal Instruments ou encore La Panthère rose 2.
Accompagné d'une partie de son équipe venue spécialement de Norvège, le cinéaste est venu dévoiler les premières images d'un projet qui sortira en salles en décembre 2026. Une présentation qui a particulièrement retenu l'attention de Jules Violon, envoyé spécial de La Radio du Cinéma.
Une aventure viking racontée par ceux qui en ont grandi
Si ViQueens emprunte les codes des grandes productions d'animation en images de synthèse, Harald Zwart revendique avant tout une histoire profondément ancrée dans sa culture.
Le film suit deux jeunes guerrières vikings qui recueillent un voyageur chinois échoué sur les côtes norvégiennes. Leur décision de le raccompagner jusqu'à son pays devient le point de départ d'un long périple où chaque rencontre remet en question leur vision du monde... et celle que les autres peuples portent sur les Vikings.
« Ce qui est intéressant, c'est que le film ne célèbre pas uniquement le mythe viking. Il prend aussi du recul sur cette culture qui fait aujourd'hui partie de notre imaginaire collectif », observe Jules Violon.
Cette confrontation entre deux civilisations promet ainsi un récit d'aventure mais aussi un dialogue interculturel rarement exploré dans le cinéma d'animation.
Une équipe 100 % norvégienne
Autre particularité du projet : il a été imaginé et développé par une équipe majoritairement norvégienne.
Paysages, architecture, lumière, folklore... les artistes se sont directement inspirés des lieux dans lesquels ils ont grandi afin de restituer une identité visuelle fidèle à leur patrimoine.
Visuellement, ViQueens évoque immédiatement certaines grandes productions américaines. Modélisé sous Autodesk Maya, le film assume une esthétique proche de Pixar tout en revendiquant une identité scandinave forte.
Quand le jeu d'acteur réinvente l'animation
Mais la véritable surprise de cette présentation réside dans la méthode de fabrication du film.
Plutôt que d'utiliser une motion capture classique, les équipes ont développé un processus hybride particulièrement innovant.
Les décors et les personnages sont d'abord entièrement modélisés en trois dimensions. Les comédiens jouent ensuite leurs scènes dans cet environnement virtuel grâce à une technologie de capture basée sur le LiDAR Scanner, intégré notamment aux derniers iPhone.
Contrairement à la motion capture traditionnelle, l'objectif n'est pas de transférer directement les mouvements sur un personnage numérique. Les performances servent de référence extrêmement précise aux animateurs, qui reconstruisent ensuite chaque expression, chaque regard et chaque déplacement.
Le résultat, selon les images dévoilées à Annecy, offre une animation particulièrement fluide et naturelle, tout en conservant la liberté graphique propre au cinéma d'animation.
Un univers pensé bien au-delà du cinéma
Harald Zwart n'a pas caché ses ambitions.
Autour du film se construit déjà un véritable univers transmédia. Artbooks, puzzles, jeux de société, jouets, produits dérivés, sets LEGO et même des partenariats avec Burger King sont déjà en préparation afin d'accompagner la sortie du long métrage.
Une stratégie qui témoigne de l'ampleur du projet et des investissements consentis pour faire de ViQueens une nouvelle franchise familiale.
Une bande-son qui promet une expérience de salle
S'il est encore trop tôt pour dévoiler l'intégralité du film, un premier extrait projeté au public d'Annecy a permis de découvrir un autre point fort de la production : son univers sonore.
Pour Jules Violon, c'est même l'un des éléments les plus marquants de cette présentation.
« Dès le trailer, on sent un travail très poussé sur le son. L'ambiance est immersive, chaque élément sonore participe à construire l'univers. C'est typiquement un film qui semble avoir été pensé pour être découvert dans une salle de cinéma. »
Une impression renforcée par une mise en scène spectaculaire qui mêle aventure, humour et émotion.
Un projet à suivre de près
Avec ViQueens, Harald Zwart signe une entrée ambitieuse dans le cinéma d'animation.
Si les premières images tiennent leurs promesses, ViQueens pourrait bien s'imposer comme l'un des films d'animation les plus attendus de la fin d'année.
Rendez-vous en décembre 2026 pour vérifier si l'essai est transformé !
Propos reccueillis Par Jules VIOLON pour la Radio du cinéma - juin 2026