Publié le 21 avril 2026 — Par la rédaction de La Radio du Cinéma
Le 79e Festival de Cannes vient d’ajouter une nouvelle couche de curiosité à son édition 2026. Côté courts métrages, 10 films ont été retenus après le visionnage de 3.184 œuvres. Côté La Cinef, 19 films d’école rejoignent la course, avec un vrai parfum de relève mondiale. Dans cette sélection, on croise des auteurs déjà remarqués, des profils venus de grandes écoles et plusieurs films qui disposent déjà d’une page publique, d’une fiche projet, d’un extrait ou d’une présentation détaillée, partagées ci-dessous.
Il y a toujours, dans les annonces de courts cannois, un frisson particulier. Ce sont souvent des titres que l’on découvre avant tout le monde, des noms qui circuleront beaucoup plus fort quelques mois plus tard, et des formats brefs capables de laisser une trace longue. Cette année, la compétition des courts métrages ressemble à une carte du monde tendue vers l’avenir. La Cinef, elle, confirme son rôle de couveuse à talents avec des films venus de quinze pays et de quatre continents.
Une compétition de courts où plusieurs réalisateurs arrivent déjà avec un vrai passé de cinéma
Le contingent français attire naturellement l’œil. Hadrien Bels, auteur et vidéaste marseillais, présente Nouvel Hair. Son parcours, nourri par Marseille, le documentaire et l’écriture, donne déjà une couleur singulière à cette présence en sélection officielle.
Avec Dernier printemps, Mathilde Bédouet arrive en terrain scruté de près. Son précédent film, Été 96, avait remporté le César 2024 du meilleur court métrage d’animation. Son nom n’est donc déjà plus celui d’une inconnue, et Cannes lui offre ici un nouveau champ d’exposition.
Le bain des sirènes permet aussi de retrouver Lola Degove, passée par l’EMCA et La Poudrière. Son film a été développé en résidence, il est produit par Silex Films et déjà acquis par Arte, ce qui en dit long sur l’attention portée à son travail avant même le rendez-vous cannois.
Dans la catégorie des signatures déjà très identifiables, Niki Lindroth von Bahr mérite une mention immédiate. La cinéaste suédoise, connue pour son univers en stop motion et ses films passés par de grands festivals, ajoute La fin à une filmographie déjà très regardée par les amateurs d’animation d’auteur.
Le versant latino-américain de la sélection ne manque pas d’arguments. Federico Luis revient à Cannes avec Para los contrincantes. Le réalisateur argentin avait déjà fait passer La Siesta par la compétition officielle des courts à Cannes en 2019, avant d’être récompensé à l’IDFA en 2023.
Theo Montoya, lui, poursuit un trajet qui relie Medellín, la mémoire de sa ville et une écriture visuelle très incarnée. Son Peloton Trueno attire d’autant plus l’attention que Son of Sodom avait déjà été montré à Cannes et qu’Anhell69 a solidement installé son nom dans le paysage festivalier.
Le Portugais Daniel Soares figure aussi parmi les noms à suivre de près. Algumas coisas que acontecem ao lado de um rio dispose déjà d’une page publique et d’un accès à une bande-annonce via son agence. Ce détail compte : à la date de l’annonce cannoise, toutes les œuvres n’ont pas encore ce degré de visibilité.
Le Polonais Michał Toczek présente Spiritus Sanctus, déjà signalé sur son site comme un court de fiction en cours. Son parcours, passé par l’école de Łódź, s’appuie sur plusieurs courts primés. Enfin, Tamara Todorović ferme la liste avec Niko ništa nije rekao, après des films étudiants déjà remarqués dans plusieurs festivals internationaux.
La Cinef confirme son rôle de radar mondial
La Cinef 2026 réunit 14 fictions et cinq animations, avec 12 réalisatrices et neuf réalisateurs. Deux écoles y font leur entrée pour la première fois : Hongik University en Corée du Sud et l’ISAMM en Tunisie. Le signal est clair : Cannes continue d’ouvrir ses portes à des territoires de formation moins installés dans le récit dominant du cinéma mondial.
NYU place deux films dans la sélection, Laser-Gato de Lucas Acher et Sunday’s Children de Reuben Hamlyn. Le Royaume-Uni répond avec deux titres de la NFTS, dont Pickled de Fanny Capu, déjà identifiée à l’école comme réalisatrice, animatrice principale et créatrice de marionnettes sur le projet.
La France comptera sur Aldrig Nok de Julius Lagoutte Larsen, étudiant en réalisation à La Fémis, tandis que la Tunisie pourra regarder de très près Somewhere I Belong de Youssef Handouse, jeune cinéaste né en 2002 et diplômé de l’ISAMM en 2025. Du côté portugais, Onde Nascem os Pirilampos de Clara Vieira dispose déjà d’une page de festival et d’un trailer public, un atout rare au moment même de l’annonce.
On peut aussi relever Nadine Misong Jin, réalisatrice coréenne basée à New York et Séoul, actuellement candidate au MFA Film de Columbia, qui présente Silent Voices. Cette circulation des talents, de Séoul à New York, de Tunis à Lisbonne, de Paris à Medellín, donne à La Cinef une allure de première bande-annonce du cinéma de demain.
Les films sélectionnés
Compétition des courts métrages
- Nouvel Hair — Hadrien Bels — 15 min
- Dernier printemps — Mathilde Bédouet — 15 min
- Le bain des sirènes — Lola Degove — 15 min
- La fin — Niki Lindroth von Bahr — 15 min
- Para los contrincantes — Federico Luis — 15 min
- Peloton Trueno — Theo Montoya — 15 min
- Giấc mơ là ốc sên — Thien An Nguyen — 15 min
- Algumas coisas que acontecem ao lado de um rio — Daniel Soares — 14 min
- Spiritus Sanctus — Michał Toczek — 15 min
- Niko ništa nije rekao — Tamara Todorović — 15 min
La Cinef
- Laser-Gato — Lucas Acher — NYU, États-Unis — 22 min
- Photograph of an Insane Woman to Show the Condition of Her Hair — Arwen Aznag — LUCA School of Arts Brussels, Belgique — 6 min
- Tú, Yo y la Vaca — Aina Callejón — ESCAC, Espagne — 20 min
- Pickled — Fanny Capu — NFTS, Royaume-Uni — 9 min
- Bird Rhapsody — Wonjung Choi — Hongik University, Corée du Sud — 6 min
- Always Wanted to Be God, Never Wanted to Be Good — Noa Epars et Marvin Merkel — HEAD, Suisse — 21 min
- Preko Praga — Tara Gajović — FDU, Serbie — 15 min
- Growing Stones, Flying Papers — Roozbeh Gezerseh et Soraya Shamsi — Filmuniversität Babelsberg Konrad Wolf, Allemagne — 12 min
- Sunday’s Children — Reuben Hamlyn — NYU, États-Unis — 19 min
- Somewhere I Belong — Youssef Handouse — ISAMM, Tunisie — 21 min
- Silent Voices — Nadine Misong Jin — Columbia University, États-Unis — 17 min
- Trakcje — Jakub Krzyszpin — The Polish National Film School in Łódź, Pologne — 7 min
- Aldrig Nok — Julius Lagoutte Larsen — La Fémis, France — 25 min
- Tian Tian de Mi Mi — Lenti Liang — USC Cinematic Arts, États-Unis — 15 min
- Shadows of the Moonless Nights — Mehar Malhotra — FTII, Inde — 24 min
- TJ28 — Yasmin Najjar — Aalto University, Finlande — 24 min
- Left Behind, Still Standing — Vida Skerk — NFTS, Royaume-Uni — 22 min
- Onde Nascem os Pirilampos — Clara Vieira — ESTC, Portugal — 18 min
- Will It Rain Again Today — Wong Chau-Hong — Nihon University College of Art, Japon — 16 min